D’une manière générale, il semble remarquable de l’époque contemporaine, que les questions d’éthique professionnelle et de déontologie suscitent un regain d’intérêt. Selon le Professeur E. Prairat, il y aurait plusieurs hypothèses explicatives à ce constat. Sans rentrer dans les détails, on peut considérer qu’elles sont à la fois d’ordre sociologique (évolution des sociétés démocratiques modernes, pluralisme des valeurs et des points de vue idéologiques), d’ordre professionnel (exigences d’expertises et d’efficacités), et d’ordre moral (réflexions accrues sur les questions de mutations des normes, des valeurs et autorités au sens large).

Dans le champ plus singulier de la médiation et de la médiation en milieu scolaire en particulier, il semble bien qu’on n’échappe pas à ce désir de réflexions, de débats et d’approfondissements des questions d’éthique professionnelle, et cela d’autant plus que la médiation se profile depuis une trentaine d’années comme une pratique et une identité professionnelle en recherche et en construction, parce qu’en pleine émergence.

Ce premier séminaire se propose, bien avant de se pencher sur la pratique professionnelle de la médiation, d’ouvrir une réflexion collective sur la notion même de « déontologie » en tant que « théorie des devoirs » : Il s’agirait d’aborder le plus librement possible une série de questions préalables et qui nous semblent substantielles, ainsi à titre d’exemple : « qu’est ce qu’une théorie des devoirs ? », « une telle théorisation est-elle souhaitable dans notre champ professionnel », « quelles formes et configurations pourrait-elle prendre, au-delà d’un simple énoncé codifié des devoirs ? », « quelles conséquences en terme de morale collective, de contrôle, de normes et de souplesse, de posture et d’imposture, de loyauté et de trahison ?», « une telle approche théorique pourrait-elle avoir comme effet de fédérer une jeune profession » ?